Bienvenue à Ilia Tulchinsky, EiR

« Vous ne vous sentirez pas compétent dès le premier jour. Mais si vous persévérez assez longtemps pour développer de vraies compétences, vous saurez alors si c’est vraiment pour vous. »

Nous sommes ravis d’accueillir Ilia Tulchinsky, premier vice-président du développement logiciel chez Verily, propriété d’Alphabet, et vétéran de Google, en tant que nouvel exécutif en résidence.

Le parcours technologique d’Ilia a commencé dans l’ex-Union soviétique, où pour avoir accès à un ordinateur, il fallait traquer les clubs locaux et griffonner du code dans des carnets avant que les machines ne s’éteignent. Après avoir déménagé en Israël et obtenu son propre ordinateur, ce qui n’était au départ qu’un passe-temps s’est rapidement transformé en mandats professionnels. Lorsqu’il a obtenu son diplôme universitaire, Ilia avait déjà accumulé plusieurs années d’expérience dans la mise en œuvre de logiciels pour les DJ et les stations de radio.

Ilia fait ses premiers pas dans les technologies de la santé en 2000, dans une entreprise d’appareils médicaux basée à Toronto et spécialisée dans la neurologie. Lorsque l’entreprise a été rachetée, Google l’a engagé comme l’une de ses premières recrues au Canada. Au cours de la décennie suivante, il a travaillé dans les domaines de la téléphonie mobile, des annonces et de l’infrastructure des produits, avant d’être choisi pour lancer l’équipe Google Cloud Healthcare and Life Sciences.

En 2021, Ilia a rejoint Verily pour aider à transformer le laboratoire d’innovation en une entreprise mature axée sur l’utilisation de données de précision pour améliorer les soins et la recherche en sciences de la vie. Sa vaste expérience – et son intérêt pour le soutien de l’écosystème technologique canadien – font de lui un précieux conseiller pour les fondateurs. Il a discuté avec nous de sa passion pour le ski, de la façon d’adapter les idées commerciales et des raisons pour lesquelles nous ne devrions pas nous contenter de faire ce pour quoi nous sommes naturellement doués.

DITES-NOUS QUELQUE CHOSE QUE LA PLUPART DES GENS NE SAVENT PEUT-ÊTRE PAS SUR VOUS.

Je suis un skieur passionné, et la compétition fait partie de mon ADN. Chaque week-end d’hiver, vous me trouverez sur les pistes… et il suffit de mentionner le ski pour me faire complètement dérailler d’une conversation !

Le sport vous apprend, de façon très fondamentale, que la réussite est rarement linéaire ou rapide — elle vient plutôt d’un effort soutenu et réfléchi.

POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE L’UN DES PLUS GRANDS DÉFIS OU ÉCHECS DUQUEL VOUS AVEZ APPRIS ?

L’un des plus grands défis que j’ai rencontrés remonte à l’époque où je travaillais sur Google+, la tentative de réseau social de Google. Ce n’était pas un échec en termes d’ingénierie, mais la combinaison de nouvelles responsabilités en gestion et de l’ampleur du projet m’a conduit à un véritable épuisement.

J’ai appris qu’on ne peut pas porter attention à tout et espérer capter chaque détail. Il faut établir consciemment ses priorités et accepter de lâcher prise sur le reste. J’ai aussi compris l’importance d’adapter son approche lorsqu’on gère du travail réparti sur plusieurs équipes.

Mais surtout, j’ai réalisé qu’on peut surmonter n’importe quel défi quand on travaille avec des personnes qu’on respecte et dont on peut apprendre. Depuis, la qualité du leadership au sein d’une organisation est devenue un critère essentiel dans le choix de mes projets professionnels.

QUEL EST LE MEILLEUR CONSEIL QUE VOUS AYEZ REÇU AU COURS DE VOTRE CARRIÈRE ?

« Ne cherchez pas quelque chose dans lequel vous êtes immédiatement bon. »

Souvent, on s’intéresse à une nouvelle activité, on s’y met… puis, au premier obstacle, on pense que ce n’est pas fait pour nous. Alors on passe à autre chose, en espérant trouver le truc qui « clique » tout de suite. Mais rien qui en vaille vraiment la peine ne fonctionne ainsi. On ne se sentira pas compétent dès le premier jour. Il faut persévérer, développer de vraies compétences, et petit à petit, on gagne en aisance et en confiance. C’est à ce moment-là qu’il faut se demander si c’est vraiment ce qu’on veut faire.

QUELLE EST LA QUESTION QUE VOUS SOUHAITERIEZ QUE L’ON VOUS POSE PLUS SOUVENT ?

Parfois, les fondateurs se concentrent trop sur la recherche de l’idée gagnante. Mais en réalité, la plupart des premières idées ne survivent pas à la première année sous leur forme originale. Ce qui importe davantage, c’est de se demander : comment dois-je structurer mon équipe, mon produit, mon entreprise pour un apprentissage et une amélioration continus ?

Il est tout aussi important de penser à l’exécution. De nombreuses entreprises ont de bonnes idées, mais ne parviennent pas à les mettre en œuvre. Les fondateurs doivent se poser la question suivante : Comment aller vite ? Et comment trouver le bon équilibre entre rapidité et sécurité ?

QU’EST-CE QUI VOUS DONNE DE L’ÉNERGIE ? COMMENT PRENEZ-VOUS SOIN DE VOUS ?

Ce qui me fait vibrer, c’est de brasser des idées et d’explorer la manière dont la technologie peut être appliquée dans différents domaines. C’est pourquoi je travaille à l’intersection de la technologie et des soins de santé – je suis toujours attiré par la découverte de connexions cachées.

Mais je ne suis pas qu’un ingénieur en informatique, même si c’est ce que je fais et ce que j’aime. Je garde les pieds sur terre en cultivant un large éventail d’intérêts. J’aime l’art et la fiction, mes goûts musicaux vont du classique à l’électronique et, bien sûr, il y a le ski. La nature, le sport et l’expression artistique sont les éléments qui me permettent de garder mon équilibre.

DANS VOTRE RÔLE CHEZ INOVIA, QUELLES QUESTIONS LES FONDATEUR·RICE·S DEVRAIENT-ILS·ELLES VOUS POSER ?

Demandez-moi comment développer et mettre sur le marché des technologies complexes, en particulier dans des domaines réglementés comme la santé, où les défis dépassent largement la dimension technologique. Qu’il s’agisse de mettre en œuvre l’IA, ou d’éviter les pièges les plus courants, je n’ai peut-être pas toutes les bonnes réponses, mais je peux certainement vous dire ce qu’il vaut mieux ne pas faire.

J’ai aussi des perspectives à partager sur la manière de faire croître les équipes et les technologies, ainsi que sur les obstacles auxquels font face les startups lorsqu’elles passent du laboratoire à la réalité des produits et des clients.