Bienvenue à Brian Heath, EiR

« Lorsqu’on recentre ses efforts sur la résolution d’un problème, il importe peu de devoir changer ou pivoter : tout devient une question des meilleures idées et des meilleures actions. »

Nous sommes ravis d’accueillir Brian Heath, entrepreneur en série ayant fondé et vendu plusieurs entreprises, et qui a récemment dirigé Drivewyze, la plus grande plateforme de véhicules connectés pour le transport routier commercial, à titre de conseiller principal et entrepreneur en résidence chez Inovia.

Après avoir étudié l’économie à l’Université de l’Alberta, Brian a amorcé sa carrière en banque et en gestion d’investissements, s’attendant à y passer toute sa vie professionnelle. Mais une faillite rare dans le secteur bancaire canadien a tout changé. Lorsque la banque a commencé à vaciller, faisant chuter son titre en bourse et anéantissant les économies de ses employés, il a décidé de changer de voie, de miser sur lui-même et de lancer sa propre entreprise.

Ce fut le début d’un chapitre prolifique en tant qu’entrepreneur. Animé par la volonté de résoudre des problèmes et technophile dans l’âme (il détient aujourd’hui plus d’une douzaine de brevets américains), Brian a œuvré dans plusieurs secteurs, mais a trouvé sa véritable vocation dans le développement de nouvelles technologies. Avec Intelligent Imaging Systems, il a contribué à concevoir des systèmes de capteurs intégrés pour aider les forces de l’ordre à détecter les camions dangereux. La mission d’éliminer les accidents de camion s’est élargie, tout comme l’entreprise, qui a inventé plusieurs dispositifs IoT et déployé ses technologies de transport intelligent à travers l’Amérique du Nord.

Cette expérience l’a mené à fonder Drivewyze, une entreprise SaaS offrant des solutions de sécurité et d’efficacité pour l’industrie du transport routier commercial. Les services de Drivewyze comprenaient le plus vaste programme de contournement de postes de pesée en Amérique du Nord ainsi que des solutions de sécurité embarquées, comme le coaching de conduite. Lorsqu’il a vendu l’entreprise en 2024, Drivewyze était devenue une véritable success story canadienne. Avec des logiciels intégrés à des millions de camions et des opérations dans 47 États américains et quatre provinces canadiennes, Drivewyze était devenue la plus grande plateforme de véhicules connectés pour le transport routier commercial en Amérique du Nord.

Chez Inovia, l’un de ses objectifs est de faire progresser une stratégie nationale en matière de calcul et d’énergie visant à mettre de l’avant les entreprises en portefeuille canadiennes et à renforcer la souveraineté économique du pays. Nous nous sommes entretenus avec lui pour discuter de l’importance du client, des dangers de tomber amoureux de son produit… et du terrain de pickleball qu’il a déjà construit pour ses employés.

DITES-NOUS QUELQUE CHOSE QUE LA PLUPART DES GENS NE SAVENT PEUT-ÊTRE PAS SUR VOUS.

Je suis né à Lima, au Pérou. Ma mère est péruvienne et mon père était britannique. J’ai immigré au Canada à l’âge de six ans. Je suis donc un fervent défenseur de l’immigration et de la valeur que les immigrants apportent à l’économie de l’innovation. Dans chacune des entreprises que j’ai bâties, nous avons bénéficié d’une diversité exceptionnelle au sein de nos équipes, dont une grande partie provenait d’immigrants.

POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE L’UN DES PLUS GRANDS DÉFIS OU ÉCHECS DUQUEL VOUS AVEZ APPRIS ?

Cela s’est produit à une époque où j’étais tellement concentré sur le produit que nous développions que je n’ai pas pleinement saisi les frictions auxquelles il pourrait se heurter avant d’être adopté par le marché.

Au démarrage de Drivewyze, nous avions inventé une technologie remarquable et prouvé son efficacité. Mais il nous fallait obtenir l’approbation des gouvernements dans chaque État américain et chaque province canadienne. De plus, les grandes flottes de transport devaient intégrer notre technologie à leurs systèmes existants. Résoudre ces enjeux d’adéquation produit-marché a pris plus de temps que prévu, mis nos finances à rude épreuve et ralenti la croissance initiale.

Il faut bien connaître son marché pour réussir à atténuer ces risques de friction. Nous avons misé sur les relations gouvernementales et avons pivoté d’une approche de vente directe aux conducteurs vers une stratégie de mise en marché indirecte, en passant par des revendeurs stratégiques établis. Peu importe le type de points de friction auxquels une startup est confrontée, les fondateurs et dirigeants doivent se donner suffisamment de temps et de marge financière pour atteindre l’adéquation produit-marché. C’est un équilibre délicat entre exécution agressive et planification financière prudente.

QUEL EST LE MEILLEUR CONSEIL QUE VOUS AYEZ REÇU AU COURS DE VOTRE CARRIÈRE ?

« Tombez amoureux du problème, pas de la solution. »

C’est lié à ma réponse précédente. Au début, on a souvent tendance à se concentrer trop sur ce qu’on construit. On est tellement fier de son produit qu’on en devient parfois protecteur. Mais lorsqu’on recentre ses efforts sur la résolution d’un problème, il importe peu de devoir changer ou pivoter : tout devient une question des meilleures idées et des meilleures actions. Accepter cette réalité permet d’éviter beaucoup de travail inutile à long terme et de stimuler la croissance plus tôt.

QUELLE EST LA QUESTION QUE VOUS SOUHAITERIEZ QUE L’ON VOUS POSE PLUS SOUVENT ?

Étonnamment peu de gens se demandent comment une décision va réellement affecter le client.

Nous cherchons constamment à résoudre des problèmes techniques, financiers et opérationnels en bâtissant des entreprises. Quelqu’un peut, par exemple, dire : « Si nous mettons simplement en place un système téléphonique automatisé, que nous éliminons la spécialisation par type de service et que nous centralisons les opérateurs, nous économiserons beaucoup d’argent. » Mais on oublie souvent de réfléchir à la façon dont cela influencera l’expérience client. C’est une question qu’il faut se poser à chaque étape.

QU’EST-CE QUI VOUS DONNE DE L’ÉNERGIE ? COMMENT PRENEZ-VOUS SOIN DE VOUS ?

J’adore le plein air. Je suis une personne active — ça me garde en santé et ça m’aide à suivre le rythme de nos adolescents. C’est déjà une grande source de motivation!

La santé est importante pour moi, et cette valeur se reflète aussi dans l’entreprise. À nos débuts, on prenait toujours le temps de sortir et de bouger en équipe. Et bien sûr, il y avait toujours un peu de compétition — que ce soit au soccer ou au ping-pong. En grandissant, nous avons gardé cette tradition et avons même construit un gymnase pour jouer au basketball et au pickleball.

DANS VOTRE RÔLE CHEZ INOVIA, QUELLES QUESTIONS LES FONDATEUR·RICE·S DEVRAIENT-ILS·ELLES VOUS POSER ?

J’ai hâte de collaborer avec des fondateurs sur l’adoption et l’utilisation de l’IA par les jeunes pousses et les entreprises en croissance. Ce sujet est directement lié à la compétitivité globale de nos entreprises et indissociable du succès de l’économie dans son ensemble. Posez-moi toutes vos questions sur l’adoption et l’intégration de ces outils, je partagerai ce que j’ai appris grâce à mes propres expériences et à celles d’autres entreprises.

De façon générale, j’ai une vaste expérience dans la création et la croissance d’entreprises technologiques, de la conception du produit à la commercialisation et à l’expansion. C’est un ensemble riche et varié d’apprentissages que je suis heureux de partager avec d’autres chefs d’entreprise alors qu’ils cherchent à définir leur propre formule du succès. Faites-moi simplement part de vos défis, il est fort possible que j’aie vécu des situations similaires à la vôtre.