Série de portraits de gestionnaires émergents : Édition spéciale avec FounderFuel

Au cours des derniers mois, nous vous avons présenté la nouvelle génération de fonds de capital de risque soutenus par le Fonds Découverte d’Inovia . Aujourd’hui, nous vous proposons un détour pour mettre en lumière FounderFuel, le populaire accélérateur montréalais qui a fait son retour en 2023.

Nous avons rencontré Katy Yam, directrice générale de FounderFuel et associée chez Real Ventures, pour discuter de ce qui distingue le programme, de ce qu’il faut faire pour y entrer et de la façon dont trois grands investisseurs en capital de risque canadiens, dont Inovia, ont uni leurs forces pour le relancer.

La curiosité insatiable de Katy l’a conduite à plusieurs carrières. Elle a géré plusieurs marques de pain chez les Aliments Maple Leaf. Elle a inauguré l’innovation et supervisé une équipe de scientifiques des données à Loto-Québec. Elle a soutenu l’expansion rapide d’Element AI en tant que sa première directrice du marketing. Et depuis une dizaine d’années, elle dirige TEDxMontréal dans ses temps libres.

En 2020, Katy a apporté sa riche expérience à FounderFuel, l’accélérateur lancé par Real Ventures en 2011 et qui compte Sonder, Mejuri et Paper parmi ses anciens participants. Le programme, qui met l’accent sur le mentorat et le développement personnel, correspondait également à sa passion pour l’amélioration de soi, la mise en relation des personnes et l’aide à la réussite. 

Depuis l’édition virtuelle en 2020, FounderFuel était en pause. L’année dernière, Panache Ventures et Inovia se sont associés à Real Ventures pour le relancer, un effort qui leur a valu en décembre le prix 2023 Startup Community Award pour la meilleure collaboration. Sept entreprises ont participé au programme de quatre mois, choisies parmi 210 candidats.

COMMENT L’ÉDITION 2023 DE FOUNDERFUEL A-T-ELLE VU LE JOUR ?

Les trois entreprises se sont réunies et ont déclaré : «Nous croyons à la création d’entreprises. Comment envoyer une lueur d’espoir à l’écosystème alors que l’inflation monte en flèche, que l’argent se resserre et que tout le monde est dans l’incertitude ?»

Inovia et Panache ont accepté de le financer et notre équipe et moi-même avons cherché des commanditaires pour gérer le programme. Nous avons pris notre décision le 3 février, lancé le programme le 17 avril et organisé la journée de démonstration le 11 juillet ! Cette entreprise de grande envergure a été rendue possible grâce à des centaines de personnes qui se sont investies : des entrepreneurs ont aidé d’autres entrepreneurs, des accélérateurs dans tout le Canada nous ont accueilli et ont fait la promotion de notre appel à candidatures, des mentors chevronnés dans le monde entier qui se sont retroussé les manches pour écouter et soutenir les fondateurs… Jamais trois firmes de capital de risque n’ont collaboré pour mettre sur pied une initiative communautaire, c’était une première. Plusieurs de mes amis américains m’ont dit en plaisantant que c’était tellement canadien de notre part de nous unir lorsque les temps sont durs, au lieu de nous attaquer mutuellement !

DITES-NOUS UNE OU DEUX CHOSES QUI RENDENT FOUNDERFUEL UNIQUE

Il y a très peu d’accélérateurs financés par le capital de risque au Canada. Chez FounderFuel, chaque entreprise sélectionnée pour le programme reçoit un chèque de 120 000 $. Mais ce qui rend notre programme unique, c’est le travail que nous faisons pour transformer les nos fondateurs en leaders. Nous travaillons beaucoup avec des coachs du MIT et d’autres professionnels qui ont une grande expérience et des outils pour gérer des environnements très stressants. Ils guident les fondateurs pour qu’ils deviennent plus conscients, exercent des stratégies de résolution des conflits pour maintenir des relations durables et, finalement, construisent des entreprises plus fortes. Nous croyons que la culture d’entreprise se bâtit dès le départ.

QUE RECHERCHEZ VOUS CHEZ LES PARTICIPANTS AU PROGRAMME FOUNDERFUEL ?

Nous invitons environ 25 entreprises à présenter leur projet en personne à Montréal, devant un comité de sélection très diversifié. La veille des présentations, nous les faisons venir dans une salle et nous faisons une série d’exercices. Par exemple, nous faisons un exercice de «d’offre et de demande», où tous les fondateurs sont invités à faire part au groupe d’une demande et d’une offre. C’est vraiment inspirant de voir que, dans un environnement compétitif, certaines personnes soient toujours prêtes à aider les autres, parce que c’est ce qu’il faut pour réussir dans le monde des start-ups. Mais d’autres ne proposent pas vraiment d’aide, ils vendent, ils essaient de se mettre en valeur, ce qui ne favorise pas la collaboration nécessaire pour réussir à long terme. Un autre élément que nous évaluons est la capacité d’apprendre et d’accepter la rétroaction. Durant la session, nous fournissons des critiques et nous observons la façon dont elles sont reçues. Si un fondateur n’est pas ouvert aux commentaires, nous perdons tous notre temps et notre énergie.

QUEL EST LE CONSEIL QUE VOUS DONNEZ LE PLUS SOUVENT AUX FONDATEURS ?

Dites ce que vous allez faire et faites ce que vous avez dit que vous feriez. C’est très simple. Beaucoup de gens disent des choses et n’y donnent pas suite. Qu’il s’agisse de collecter des fonds, d’embaucher ou de faire aboutir une affaire, la confiance s’installe lorsque vous faites ce que vous avez dit que vous alliez faire.


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